La culture du riz en Camargue et l’apport de l’agriculture de précision

Naturellement difficile à cultiver (eau salée, argile, mistral et tempêtes), la Camargue a d’abord été une zone de chasse et pêche avant que l’agriculture s’y développe il y a 150 ans. Les conditions locales favorables (eau douce disponible, soleil, topographie), la construction des digues (invasions d’eaux salées, crues du Rhône), l’irrigation et le drainage ont permis l’implantation de céréales, de vignobles et, enfin, de la riziculture après la 2nde guerre mondiale. 

Cependant, la culture conventionnelle du riz en France, malgré ses rendements de 60 à 90 quintaux/hectare/an, est actuellement en situation difficile, ne bénéficiant plus d’aide particulière (suppression des aides compensatoires européennes). En effet, le marché mondial du riz est dominé par des pays subventionnant leur production (Thaïlande, Chine, Japon et Etats-Unis) tandis qu’en Europe, le riz français est en compétition frontale avec ses voisins espagnol et italien.

 

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Avec 120.000 ha et 30% de la production européenne, la vallée du Pô en Italie constitue la plus grande région rizicole en Europe. Tous ses concurrents internationaux ont structurellement des prix de revient plus faibles avec, par exemple, deux cycles annuels de production dans la vallée du Pô. De plus, ils peuvent utiliser des produits phytosanitaires interdits aux producteurs Camarguais de par le statut d’Indication Géographique Protégée (IGP) et son cahier des charges. Une des évolutions possibles pour le riz camarguais serait de se différencier en passant au bio afin de bénéficier d’un prix de vente plus élevé et des aides compensatoires ‘bio’ de la PAC.

Par ailleurs, les consommateurs français semblent de plus en plus apprécier l'IGP ‘Riz Camargue’ créée en 2000, ainsi que le bio, dont les ventes augmentent chaque année.

Image ci-contre : Plaine rizicole du Pô - Crédits : Agroptimize

 

 

 


Techniquement, une des principales contraintes en riziculture se situe sur la gestion des adventices qui impose une consommation importante d’herbicides. L’imagerie par drone ou avion pourrait faciliter le repérage et permettre de bien circonscrire un traitement ciblé. Les attaques fongiques, quant à elles, sont relativement faibles et ne posent pas de problèmes particuliers. Au niveau des ravageurs, on trouve le chironome (ver de vase) pouvant provoquer des dégâts en début de saison mais finalement relativement peu d’insectes ravageurs.

Concernant la fertilisation, la culture du riz demande un engrais complet avant semis (exemple : 50-70-80) puis environ 100 unités d’azote à apporter en 2 passages. Étant données les conditions d’épandage et la minéralisation rapide, le timing de la fertilisation doit être optimal.

Ainsi, avant le 2° apport (soit 3 à 4 semaines après le 1° apport), WANAKA / AgrOptimize réalisent une prise de vue à l’échelle de la parcelle. Elle permet de mettre en évidence l’hétérogénéité intra-parcellaire et, ainsi, de zoner automatiquement la quantité d’azote à apporter au sein de la parcelle. Le rendement et l’utilisation de la quantité d’azote globale à apporter sont ainsi optimisés avec une amélioration de la marge nette à l’hectare pour l’exploitant.

  

 

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Cette application d’agriculture de précision pourrait permettre aux 12 à 15.000 ha cultivés en Camargue d’améliorer leur rentabilité et maintenir ainsi cette culture si importante au niveau environnemental pour la région.

En effet, la riziculture est primordiale pour l’hydrologie camarguaise. Grâce à l’apport d’eau douce, la riziculture évite la salinisation du sol et permet de maintenir d’autres cultures dans la rotation comme les fourrages, les céréales, les oléo-protéagineux, etc ... de plus, elle maintient un équilibre écologique fondamental car la disparition de la riziculture impliquerait une re-salinisation des terres vers une formation de type marais ou steppe salée. Par exemple, en conditions de de sécheresse, les rizières constituent des écosystèmes-refuges pour les oiseaux et les animaux à la recherche de zones humides douces et de points d’eaux.